vendredi 18 avril 2014

Chiffon rouge…



Depuis 10 ans, Notre Dame des Landes est également connu pour son Landes’Art. Tous les ans, un thème avec un ou des artistes invités et l’implication de beaucoup d’artistes en herbe permettent à chacun de cheminer sur les sentiers landais en admirant des œuvres d’art composés par tous : écoles, associations, particuliers créent pour le plaisir de tous.
2014 fête les 10 ans de cette manifestation présente de juin à septembre. A cette occasion, Sophie Vinet, artiste plasticienne, veut créer une pelote de chiffons rouge, création participative qui se veut un hommage aux luttes, en particulier celle de Notre Dame des Landes. Pour que cette pelote soit représentative de notre grande force de résistance, elle a encore besoin de recevoir des chiffons rouges. Allez voir son appel sur :
Et à bientôt sur les sentiers du Landes’Art…

jeudi 10 avril 2014

Jour de fête…

Contrairement à ce que chacun pourrait penser après le grand chambardement au gouvernement, ce grand ménage, le printemps n’était pas le 31 mars.
Au Liminbout, le printemps s’est clairement manifesté à nous le mercredi 2 avril avec l’arrivée des hirondelles. Elles ont retrouvé le chemin de la laiterie où elles s’installent tous les ans et se sont mis à l’ouvrage pour rapporter une petite touche de fraicheur aux nids laissés.
Côté mouton, les agnelages ont commencé aux premiers jours de beau temps début mars, dès que la pluie s’est arrêtée de manière un peu durable. A croire que les brebis ont eu la sagesse d’attendre des conditions meilleures pour donner naissance à leurs agneaux…


Côté vache, elles ont repris le chemin des pâturages où elles passent nuit et jour. Les grosses génisses ont été emmenées en villégiature dans nos parcelles de Vigneux, à 3 km des bâtiments d’exploitation. Tout cela s’est fait avec quasiment un mois de retard… Long, très long hiver…

Côté homme, les derniers évènements (municipales, accords PS-EELV, départ d’Ayrault…) éloignent de nous le spectre de début des travaux. C’est donc avec l’espoir chevillé au corps que nous entamons une nouvelle campagne laitière, une nouvelle saison de cultures, un nouveau temps…

Temps de l’impatience pour les porteurs de projet (Auxiette rencontre notre nouveau ministre de l’environnement, S. Royale, pour lui expliquer l’urgence à démarrer les travaux)…

Temps de la discussion et de la réflexion indépendante pour les opposants (élus, associations…) avec nos nouveaux ministres.

Temps de la réflexion individuelle et collective ici pour les projets à venir, les projets en devenir...

Temps de la discussion pour savoir comment gérer ce territoire, y vivre ensemble dans le respect de chacun…

Temps de la justice enfin qui a notre sort entre ses mains…

La victoire n’est pas encore là mais nous gagnons encore et toujours du temps et cela se savoure.

mercredi 26 février 2014

Manif du 22 février

Pour samedi à Nantes, je peux vous dire que j’étais très heureux d’y participer. J’ai vécu unegrande et belle manifestation pacifique et familiale.
Notre mobilisation a encore progressé. 40 à 50 000 participants et plus de 500 tracteurs dans Nantes : du jamais vu en mobilisation paysanne pour demander l’arrêt d’un projet inutile et destructeur.

Nous représentons aujourd’hui - et ce n’est pas discutable - une grande majorité nationale d’opposants à ce projet : il n’y a qu’à voir le nombre d’associations, de partis politiques et de syndicats mobilisés, les comités de soutien actifs dans tout le pays et le résultat de plusieurs sondages ! Grâce à toutes et à tous et à notre détermination non violente et constructive, nous allons gagner ! Il faut se le dire et se le redire !

Par contre, je suis écœuré par les pratiques et violences de quelques dizaines de casseurs professionnels, ce qui se retrouve dans beaucoup de manifs. Je condamne fermement cette violence qui aurait du être contrôlée dès le début. Les forces de l’ordre en hommes et en matériel jamais vus en si grand nombre à Nantes, auraient pu maîtriser ces casseurs. Au lieu de cela, ils ont laissé se faire les saccages tout près du rassemblement pacifique en espérant le déstabiliser pour mieux nous discréditer.

Dès la fin de l’après midi, des responsables politiques et économiques pro-aéroport nous ont traités d’irresponsables, ont voulu nous amalgamer aux casseurs, ceci afin de masquer la réussite et l’ampleur de la mobilisation.
Ce comportement n’est pas nouveau ! Il est celui d’un pouvoir qui a perdu la bataille de l’opinion. Nos rassemblements toujours plus importants le montrent.

Mais nous ne nous laisserons pas faire ; nous ne tomberons pas dans la violence, nous allons continuer notre travail d’information, de propositions d’alternatives que tout le monde reconnaît aujourd’hui comme seul projet possible : l’aménagement de Nantes Atlantique en fonction des besoins réels.

Messieurs les décideurs, aujourd’hui il faut en finir. J’en appelle à la raison car seule une décision politique peut mettre fin à ce projet (en évitant d’autres blessés, peut-être un jour, un mort…). En effet, vos pratiques dites de maintien de l’ordre ne sont pas infaillibles quand vous êtes contraints d’utiliser vos armes.

Monsieur le Président de la république, vous ne serez pas le premier à prendre une telle décision : avant vous, les projets de Plogoff, du Larzac, du Carnet, des aménagements de la Loire et de Donges-Est ont été abandonnés sans pour autant mettre fin au monde ! Bien au contraire, cela a permis de répondre aux attentes du plus grand nombre et non pas seulement à celles des lobbies, et cela toujours en faveur de l’Environnement et de la Vie.

Restons mobilisés et constructifs dans la non violence !

Nous gagnerons cette lutte qui nous fait avancer vers un monde plus juste et plus respectueux des Hommes et de la vie.
de Michel Tarin



mercredi 19 février 2014

From New-York...

Pour marquer la visite de notre président F. Hollande aux U.S.A., notre comité de soutien de New york a vu grand et a mis les moyens. Une communication digne de nos édiles ligériens. Pas de grande pages achetées dans les quotidiens nationaux, non, non, tout simplement un affichage en coin de rue... Mais cela jette!

merci à Pierre, Martine et Philippe pour ce reportage
Cela a pu donner la note dans  l'entretien privé de Obama et de Hollande sur les questions d'environnement.
Barak a du dire à François :"Vous, en France, c'est facile; pour progresser sur l'écologie, il vous suffit d'arrêter Notre Dame des Landes." 
Alors, tous à Nantes le 22 février pour revendiquer l'excellence environnementale et clamer haut et fort que "Yes, we like Notre Dame des Landes without airport!".

samedi 15 février 2014

Sauvés des eaux...

Pour la première fois depuis notre installation, nous avions cette année deux vêlages en janvier. Jusqu’à fin décembre, cela allait à peu près, mais depuis le début de l’année, les pluies ininterrompues ont gorgé les terrains d’eau. Avoir des bêtes dehors dans ces conditions n’est pas une partie de plaisir. Malgré les haies, les conditions sont éprouvantes pour les bêtes. Nous regardions les jours défiler en espérant des lendemains meilleurs ; les ventres s’arrondissaient et toujours de la pluie au programme.

A chaque fois, ne pouvant supporter de laisser la vache vêler sur le sol humide, nous l’avons ramenée au bâtiment des vaches laitières juste avant le début des contractions, et dans les deux cas sous de bonnes averses. Trier une bête au champ dans un lot n’est pas facile, mais avec de l’astuce et de la patience, ce fut fait. Et quel plaisir de les voir vêler au sec quelques heures plus tard… comme si le soulagement de trouver de bonnes conditions de vie les amenait à se mettre au travail et à donner la vie. Les veaux étaient bien vigoureux…

Soulagés d'être au sec!

Cette année, l’eau est à fleur de terre ou la terre à fleur d’eau ; on ne sait plus  tellement les deux sont mêlées. Difficile de croire qu’ici, sur ces terres, un aéroport pourrait voir le jour…

mercredi 29 janvier 2014

Publi-reportage pour JM Ayrault...



Je ne décolère pas depuis hier, et comme le travail physique ne mobilise pas tout mon esprit, je rumine, je rumine.
Venons en aux faits : mardi, interview par une journaliste de Public sénat sur le thème « votre situation et les élections municipales à Notre Dame » dans le cadre d’une émission qui s’appelle le club des municipales.
Vendredi, je regarde donc l’émission : on y voit du Jean Paul Naud , maire, très classique « opposé à l’aéroport, mais dans le strict respect de la légalité », du Marcel, qui parle de sa situation et des municipales à Notre Dame .On ne peut éviter Mustière qui dit sa demande aux candidats de s’engager sur le sujet et nous refait le coup du développement de l’ouest, des relations avec les grandes métropoles européennes, enfin Dominique de l’ACIPA  dit que l’enjeu est plus à Nantes puisque la seule raison qui reste pour faire ce projet est l’immobilier.

Il reste l’impression que Mustière est hors sujet, puisqu’il met en avant ses arguments pour le projet (en parlant comme s’il n’y avait pas déjà un aéroport à Nantes, comme d’hab quoi !).
Mais si on écoute bien, Dominique met un temps équivalent sur les motivations (immobilier) du projet.
Pourquoi la journaliste, qui s’appelle Camille…, n’a-t-elle pas demandé à Mustière pourquoi il se mêle des élections à Notre Dame ? C’était dans le sujet cela ! et dans l’actualité immédiate ! Pourquoi soutenir Jean Paul Naud contre sa volonté ? Pourquoi, si ce n’est pour mettre le bazar ? Que font ceux qui ont l’argent, quand ils ne maîtrisent pas la situation ? Cela aurait intéressé tout le monde !
Deux surprises ensuite dans les débats :
Michel Urvoy, éditorialiste à Ouest-France, commente ce reportage en disant qu’il est juste puisqu’il oppose les habitants de Notre dame qui ont à porter les inconvénients du projet, aux Nantais et tous les gens de l’ouest qui ont intérêt à ce que le projet se fasse.
Stupéfiant ! Quelle mauvaise foi, ce ne peut être de l’ignorance ! Mustière lui doit au moins une bouteille de champagne ! Comment peut-on poser en postulat, en évidence, l’intérêt du projet ? Aurions-nous des milliers de soutien, s’il s’agissait seulement de défendre notre confort contre un projet utile ? C’est cela l’oligarchie ? L’alliance de quelques têtes de la presse avec le CNPF et le pouvoir pour tromper les gens ?
Puis deuxième coup, c’est Nathalie Moret qui le décoche en affirmant que Jean Marc Ayrault est très prudent et prône l’apaisement… M’enfin… c’est tout le contraire que nous donnent nos informations. Certes il ne va rien faire avant les municipales, mais il trépigne d’impatience ; il y tient plus que jamais à son aéroport.
C’était un publi reportage pour Jean Marc Ayrault et son projet d’aéroport et on ne nous avait pas prévenus…
Y a un problème, Jean Marc, on est désolés, mais pour ton aéroport, ce ne sera pas possible !
                                        De Marcel, paysan à Notre Dame des Landes

vendredi 17 janvier 2014

Folle nuit au limimbout...

Depuis quelques jours, nous surveillions Fougère et Greatlady, deux vaches proches du vêlage.
Quelques explications préalables :
  •  nos vêlages se font tous dehors, qu’il pleuve, vente ou neige parce que nous n’avons plus de place en bâtiment et parce que le champ nous semble un espace beaucoup plus sain que la stabulation.
  • les noms de nos vaches peuvent paraître prétentieux, mais nous essayons de mettre la filiation dans le nom ; il y a par exemple une lignée sur Harry Potter, toutes descendantes de Vif d’Or et Greatlady est fille de Darklady, elle-même fille de Blackbeauty.
La mamelle se développait de plus en plus et elles se « cassaient », c'est-à-dire que les ligaments autour de la queue se détendaient fortement. Nous passions matin et soir faire le point. Puis, est venu un moment où on s’est dit que le vêlage allait  se faire dans les 24 heures et là on est passé matin, midi et soir.
Le samedi matin, j’ai vu que Fougère avait des contractions et le midi, un veau était couché à ses côtés. Je l’ai appelé Pathé Marconi, car c’est un mâle, donc nous allons le vendre, et il a de grandes tâches noires autour des yeux.

Le samedi soir, vers 22 heures, Greatlady avait à son tour des contractions. Comme c’est son premier veau, il fallait assurer la surveillance. Donc réveil sur minuit.
A minuit, sortir du lit n’est pas un plaisir…Voiture, lampe torche et on y va.

Dans le champ, la vache a changé de place, je mets quelques temps à la retrouver.
J’approche à 5 mètres, et là, hop, elle se lève, pas possible d’approcher. Mais j’ai pu voir les onglons sortis : il y a bien deux pattes et précisément des pattes avant. A elle de travailler seule puisqu’elle ne veut pas d’aide et que tout se présente bien. De toute façon, quand on ne voit que les onglons, c’est trop tôt pour intervenir. Il faut laisser le travail se faire.
Après deux heures de sommeil, me voici de retour. Elle a encore bougé et est allée se coincer dans un léger dénivelé correspondant à la raie de labour. Quand j’approche, elle bat des pattes, mais sans pouvoir se redresser. Le museau du veau est sorti, mais pas les yeux.
La langue pend, violette, il est temps d’intervenir. La vache autant que le veau peuvent souffrir ; il faut en finir. Je mets les cordelettes sur les pattes et exerce une tension constante.
Je ne dis pas « poussez ! poussez ! », mais  c’est tout comme.
La brave Greatlady pousse vaillamment et je dois aussi l’aider vaillamment.
La tête sort enfin, mais il faut continuer à tirer jusqu’à la sortie du veau car il est assez gros.
Bon, une fois sorti, je frotte le veau avec une poignée de foin, il secoue et redresse la tête.
Tout va bien. J’essaie de redresser Greatlady pour qu’elle se remette sur ses pattes avant. Impossible.
Retour à la maison, je réveille Sylvie et nous repartons en tracteur.
Cette fois, ce sont les pattes de la vache que nous attachons et nous tirons doucement sur 50 cm pour la sortir du trou.
C’est après que c’est délicat, il ne faudrait pas qu’elle se relève avant que nous ayons enlevé les cordes de ses pattes. Mais, elle est douce, nous lui tenons la tête et elle attend sagement d’avoir les pattes libres pour se mettre debout et aller lécher son veau.

Irishlady bien au chaud quelques jours plus tard

C’est une femelle : elle s’appellera Irishlady.
Quand à nous, il est 3h du matin, nous allons essayer de faire une tranche de sommeil de 3 heures.
La vie continue indépendamment de toute l’agitation politico-médiatique.
A chacun ses folles nuits ! Pourquoi les nôtres ne captivent-elles pas les paparazzi ?

De Marcel , paysan à Notre Dame