mercredi 17 octobre 2012

Vigie postale Elysée - Lettre n° 2
Aucune justification aéronautique
Brigitte et Sylvain Fresneau - 5 septembre 2012

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Brigitte et Sylvain FRESNEAU


avec le soutien de la coordination des opposants au projet de nouvel aéroport


                                                                    à
                                                                                                Monsieur le Président de la République
                                                                                                Palais de L’Elysée
                                                                                                55 r Faubourg St Honoré
                                                                                                75008 PARIS



Notre Dame des Landes, le 6 septembre 2012


Monsieur le Président,


Par le courrier en date du 29 août ci-joint, Marcel et Sylvie Thébault, soutenus par l’ensemble de la coordination des opposants au projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes, ont sollicité auprès de vous un entretien. Leur demande étant restée sans réponse à ce jour, nous souhaitons la réitérer aujourd’hui.

Vous trouverez, également ci-joint, la lettre ouverte que Monsieur Thébault, toujours soutenu par notre coordination, a écrit à Monsieur Notebaert, président de Vinci Airport, suite à ses déclarations dans l'Express de juillet dernier. Monsieur Notebaert y affirme que le projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes n’a aucune justification aéronautique, ce que confirme dans ce même article, Alain Crozet, directeur du Laboratoire d’économie des transports (LET) : « C’est la seule explication qui tienne. Le déménagement de Nantes-Atlantique libèrerait près de 600 hectares au sud de la ville, à proximité du centre. »

Par ailleurs, nous voulons vous alerter sur le fait qu’Airbus réaffirme aujourd’hui officiellement  vouloir conserver la piste existante et que ce sont les collectivités locales qui vont être sollicitées pour en assurer le financement. Un coût supplémentaire de plus, non inclus dans le projet, pour des collectivités qui se disent étranglées…

Monsieur le Président, vous ne pouvez pas rester sourd à notre demande et nous sommes confiants dans le fait que nous allons pouvoir nous entretenir avec vous très prochainement.

Recevez, Monsieur le Président, l'expression de notre profond respect.



Brigitte et Sylvain FRESNEAU Agriculteurs à Notre Dame des Landes
Membres de l’ADECA (Association de Défense des Exploitants Concernés par le projet d’Aéroport)

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Sylvain Fresneau


Vidéo : voir l'entretien d'Agora de Bretagne avec Sylvain

mardi 16 octobre 2012

Avis de tempête à Notre Dame des Landes



Mardi 16 octobre 2012
Ce matin, une rage froide m’habite. Depuis 7 heures, un hélicoptère tourne dans le ciel de Notre Dame des Landes. Ce bourdonnement incessant nous met dans une ambiance de guerre.
Ce matin, c’est jour de grande manœuvre, grand exercice de déploiement et d’attaque grandeur nature pour les gendarmes : plusieurs zones à conquérir et à évacuer, des endroits en pleine campagne, parfois très isolés. Les routes sont coupées : barrage de policiers empêchant l’accès sur la zone. Là, ce ne sont pas de braves citoyens en manif qui sont face aux bleus ; c’est « la vermine dont il faut se débarrasser à grand coup de karcher ! ». J’imagine que les mains peuvent se laisser aller (on peut taper n’est-ce-pas surtout si cela résiste un peu ; de toute façon, ces jeunes probablement anarchistes ne votent même pas !). Heureusement, la présence de témoins et de journalistes a permis que tout se passe sans forte violence (selon nos informations).
« Débarrassez-moi de tout cela que je ne saurais voir… » L’aéroport de Notre Dame commence avec les premières interventions de pelleteuse (prévues dans la foulée des évacuations) pour détruire des maisons occupées. Et tout cela se fait quand bien même tous les recours ne sont pas épuisés et sans les conclusions de la Commission d’enquête loi sur l’eau. J.M. Ayrault a le pouvoir : il fait avancer le projet coûte que coûte sans même que le dossier soit bouclé.
Petit à petit, une grande défiance s’immisce en moi : défiance envers les autorités et leur écoute du citoyen, défiance dans leur capacité de dialogue (inexistante sur le projet Notre Dame des Landes), défiance dans le sens de leur engagement politique (servir l’intérêt général ou des intérêts particuliers ?), défiance envers les forces de l’ordre… Et je me dis qu’effectivement si le changement ne s’amorce pas, si les autorités ne remettent pas à plat le dossier Notre Dame des Landes, la France est vraiment mal partie !

lundi 15 octobre 2012

VINCI maintient les maisons closes!




Lundi 15 octobre,16h15 : Marcel part en tracteur ramener la bétaillère à la CUMA. Dans le virage, il se retrouve nez à nez avec des fourgons de gendarmerie qui arrivent. Debout sur la pédale de frein, il réussit à s’arrêter. Une multitude de bleus débarque et se déploie sans que personne ne daigne lui dire quoi que ce soit. Il arrête donc le tracteur en plein milieu de la route et descend me rejoindre sur la place du village. 


10 fourgons de gendarmes sont là : le quartier est bouclé (plus de 150 gendarmes sont là...). Le directeur de cabinet du Préfet est présent pour superviser cette opération à risque : reprendre la maison ré ouverte ce weekend. Dans la maison, personne ! Les occupants l’ont quittée ce matin pour aller soutenir les copains sur les autres lieux de vie menacés d’expulsion demain.

Un gendarme demande à Marcel de ranger son tracteur, puis de faire demi-tour pour repartir par l’autre côté. Marcel s’exécute en s’autorisant le plaisir de dire : « si il y en a un qui s’accroche à la bétaillère, ne m’envoyez pas à Saint Nazaire ! ».
Malgré le calme du quartier et l’absence de résistance (personne n’est là), les routes sont bloquées : il faut faire le tour par le Chêne des Perrière. A ce carrefour, un gendarme arrête le tracteur pour demander à Marcel sa carte d’identité. C’est bien connu, tous les agriculteurs ont toujours leur carte d’identité dans le tracteur (ils devraient revoir les tests d’entrée dans la gendarmerie…).
Au Liminbout, 10 fourgons restent là pour protéger 3 camions de la société qui pose les grilles antieffraction et referme toutes les ouvertures de la maison. Pendant ce temps, des gendarmes aux entrées de chaque parcelle scrutent l’horizon. M’approchant pour faire une photo par la parcelle des moutons, j’en vois 2 qui se dirigent vers moi. Amusée, je dis tout haut: " un sourire pour la photo !". Je les vois reculer, rassurés (non, mon seau n’est pas un bazooka !).
19h30 : tout le monde part… Le calme revient. Les routes d’accès restent surveillées. L'ordre public est rétabli : la maison close est maintenue!


dimanche 14 octobre 2012

Plus de maison close au Liminbout!



Samedi 19h, dans une ambiance festive, près de 150 personnes représentant toutes les composantes de la lutte étaient rassemblées pour ouvrir la maison close d’AGO au Liminbout. Sous les yeux du vigile de garde qui est resté jusqu’à 20h, les grilles de protection ont été enlevées des portes et des fenêtres. La soirée commençait par une pièce de théâtre vilipendant avec humour Vinci et ses pratiques. Feu d’artifice, repas partagé et musique permettaient de célébrer tous ensemble ce moment fort dans la lutte contre le projet d’aéroport. A la veille d’une campagne annoncée d’expulsions dans la Z.A.D., il était important d’adresser ensemble ce pied de nez aux politiques et à AGO. La zone veut rester habitée. La fête continuait aujourd’hui dimanche avec un repas et un forum de discussion sous un beau soleil…

une maison qui revit!
 Pendant plus d’un mois, nous avons eu pour voisin un vigile présent par intermittence. Nous sommes heureux d’accueillir de nouveaux habitants.
Qu’on se le dise : nous ne voulons plus de maisons closes à Notre Dame des Landes. Le Conseil Général, qui en possède quelques-unes autour de la Z.A.D., doit donner l’exemple (c’est une question de moralité publique!) et les ouvrir en les louant à des personnes en mal de logement (elles sont nombreuses !).

mercredi 10 octobre 2012

Vigie postale Elysée - Lettre n° 1
Un non-sens
Sylvie et Marcel Thébault - 29 août 2012


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Sylvie et Marcel Thébault

Avec le soutien de la coordination des opposants au projet de nouvel aéroport

                                                                              à        
                                                                                       Monsieur le Président de la République
                                                                                       Palais de L’Elysée
                                                                                       55 rue du Faubourg St Honoré
                                                                                       75008 PARIS



Notre Dame des Landes, le 29 août 2012


Monsieur le Président,

Nous reprenons contact avec vous, car nous vous avions écrit le 15 février 2012 et n’avons pas reçu de réponse à notre courrier. Celui-ci était cependant bien arrivé puisque les services du Conseil Régional Pays de Loire que nous avons rencontrés à Rennes lors de votre meeting, en avaient connaissance.

Nous tenons en tout premier lieu à vous féliciter pour votre élection. Vous êtes chargé d’une grande attente, d’un grand espoir pour les Français. Nous attendons vraiment un changement, notamment dans le dossier qui nous concerne directement : le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes.

Sur ce dossier, vous avez initié un changement qui reste à concrétiser.  Vous l’avez initié en saluant avec chaleur nos délégués, Brigitte et Sylvain Fresneau, et en les faisant recevoir longuement par M. Le Foll le 27 avril lors de la grève de la faim. Vous avez d’autre part, ouvert la possibilité d’un dialogue et d’une concertation par le vœu, exprimé à la presse, de non expulsion des personnes présentes sur le site du projet tant que nos recours en justice ne seraient pas traités. Les Présidents de Région, du Département et de la Communauté Urbaine de Nantes vous ont écouté et ont alors signé un accord qui a permis l’arrêt de la grève de la faim. Nos militants ont apprécié ce début d’approche dans un dossier dont vous étiez visiblement peu informé.

Monsieur le Président, ce projet d’aéroport de Notre Dame des Landes continue d’avancer, en respectant certes les formes, mais jamais le fond (cas de l’enquête publique Loi sur l’eau). De « la saturation à venir » à « la sécurité des Nantais », en passant par « le décollage des A380 », les justifications données à ce projet évoluent depuis dix ans et convainquent de moins en moins de monde. Dernièrement, M Notebaert, patron de Vinci Airports, déclarait à l’Express : « Ce transfert n’est pas une réponse à des problèmes aéronautiques, mais un choix politique de développement du territoire »  . Exit la plupart des arguments…

De notre côté, nous avons étudié le dossier très sérieusement et avons découvert que ce projet est un non-sens, sur tous les plans : aérien, économique, agricole, social, écologique, dépenses publiques, aménagement du territoire… Au nom de la coordination des opposants au projet d’aéroport, nous vous demandons en urgence, un entretien sur ce sujet.

Persuadés que vous aurez à cœur de nous confirmer que « le changement c'est maintenant », et dans l'attente de vous rencontrer, veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’expression de notre profond respect.


Sylvie et Marcel THEBAULT Agriculteurs à Notre Dame des Landes
Membres de l’ADECA (Association de Défense des Exploitants Concernés par le projet d’Aéroport)
et de la Confédération Paysanne
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  [1] L’Express du 25 juillet 2012

Sylvie et Marcel Thébault


Vidéo : voir l'entretien d'Agora de Bretagne avec Sylvie et Marcel

mardi 9 octobre 2012

Vigie postale Elysée

« Le changement c’est maintenant ». Sur le sujet du projet d’aéroport à Notre Dame des Landes, près de Nantes, François Hollande a fait preuve d’ouverture, incitant au dialogue et permettant d’arrêter une grève de la faim en mai 2012. Lui qui, selon ses propres termes, a « hérité du joujou d’enfants gâtés » de ses prédécesseurs au Conseil général de Corrèze avec le nouvel aéroport - inutile et vide - de Brive-Souillac, sait ce qu’est un projet tape-à-l’œil, inutile, fondé sur de faux arguments.

Nous demandons donc à rencontrer François Hollande, ce président « normal », qui se dit être à l’écoute des Français. Même si de nombreux recours juridiques en cours et à venir nous donnent bon espoir que ce projet soit un jour arrêté, les décisions politiques au plus haut niveau sont très importantes. Au-delà du seul sujet de Notre Dame des Landes, ces décisions seront un signal fort sur le modèle de société que ce gouvernement veut construire.

Depuis le 29 août 2012, chacun à notre tour, chaque semaine, nous écrivons sans relâche au Président de la République, chaque lettre l' informant sur un aspect différent du dossier.

Ces lettres vont désormais être publiées (à la même fréquence d'une par semaine) sur le blog Paroles de Campagne et les réponses qui ont commencé à arriver, le seront également.

Que chacun se rende compte que notre demande est simplement raisonnable !

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