« Le changement c’est maintenant ». Sur le sujet du projet d’aéroport à Notre Dame des Landes, près de Nantes, François Hollande a fait preuve d’ouverture, incitant au dialogue et permettant d’arrêter une grève de la faim en mai 2012. Lui qui, selon ses propres termes, a « hérité du joujou d’enfants gâtés » de ses prédécesseurs au Conseil général de Corrèze avec le nouvel aéroport - inutile et vide - de Brive-Souillac, sait ce qu’est un projet tape-à-l’œil, inutile, fondé sur de faux arguments.
Nous demandons donc à rencontrer François Hollande, ce président « normal », qui se dit être à l’écoute des Français. Même si de nombreux recours juridiques en cours et à venir nous donnent bon espoir que ce projet soit un jour arrêté, les décisions politiques au plus haut niveau sont très importantes. Au-delà du seul sujet de Notre Dame des Landes, ces décisions seront un signal fort sur le modèle de société que ce gouvernement veut construire.
Depuis le 29 août 2012, chacun à notre tour, chaque semaine, nous écrivons sans relâche au Président de la République, chaque lettre l' informant sur un aspect différent du dossier.
Ces lettres vont désormais être publiées (à la même fréquence d'une par semaine) sur le blog Paroles de Campagne et les réponses qui ont commencé à arriver, le seront également.
Que chacun se rende compte que notre demande est simplement raisonnable !
Toutes les lettres
mardi 9 octobre 2012
vendredi 21 septembre 2012
Iéna suite...
MOTS ROSES ...
De près surveillés
Pour être escortés
Parqués, encerclés,
Pour être “protégés”
Le changement
C’est maintenant
Comme avant !!!
Il faut masquer
Les opposants
En rien voyants
Après le Grenelle
Avec des prunelles
Voilà le Cirqu’Conférence
Où l’on tourne en rond
Des mots roses
De vert colorés
Des mots, des mots
Pour les godillots
Comme sous Sarko
Nous revenons un peu moroses
Mais plus déterminés.
De Jean-Paul
24 heures...
24 H debout pour une cause qui en vaut la peine.
24 H debout pour dire à nos élus que l'aéroport de Notre Dame des
Landes ne doit pas sortir de terre.
24 H debout pour voir des CRS, des RG, des parisiens, des touristes
24 H debout pour échanger, discuter...
24 H debout pour se retrouver entre gens convaincus que les terres
agricoles ne doivent pas disparaitre au profit de bétonneur.
24 H debout pour montrer que nous sommes toujours actifs!
24 H debout pour dire à nos élus que l'aéroport de Notre Dame des
Landes ne doit pas sortir de terre.
24 H debout pour voir des CRS, des RG, des parisiens, des touristes
24 H debout pour échanger, discuter...
24 H debout pour se retrouver entre gens convaincus que les terres
agricoles ne doivent pas disparaitre au profit de bétonneur.
24 H debout pour montrer que nous sommes toujours actifs!
de Patricia
![]() |
| Nous en profitons même pour sensibiliser les parisiens! |
mercredi 19 septembre 2012
Impressions côté Iéna...
Nous sommes venus en autocar de Nantes, Redon, Notre dame
des landes à l’occasion de la conférence environnementale de Paris.
Notre car a été intercepté à 20Km de Paris par deux motards.
Nous avons ainsi été escortés
jusqu’à notre lieu de rendez-vous à 150m de la conférence.
Là, nous avons rejoint d’autres militants. Nous étions
environ 120 personnes sur ce lieu.
Les thèmes ? Le nucléaire, l’aéroport de Notre dame des
landes, les gaz de schiste…
Nous avons été parqués par les forces de l’ordre, cernés par
les CRS et la police dans un espace très restreint devant le musée Guinet.
Impossibilité de sortir.
![]() |
| Bien parqués! |
Impossibilité d’utiliser les toilettes (la police interdisait
l’entrée au musée à toute personne possédant un signe de militantisme ou étant
simplement soupçonnée de l’être).
Pas d’abris (heureusement, la pluie n’était pas au
rendez-vous !)
Et ce, pendant trois longues heures….
Quelques femmes ont dû uriner sur le macadam, à l’abri
précaire d’une banderole, au détriment de leur dignité.
Monsieur le maire de Paris, êtes vous au courant d ce genre
de faits ?
Monsieur le Ministre de l’intérieur, est-ce vous qui donnez des
ordres allant à l’encontre de la dignité humaine ?
Monsieur le Président de la république, c’est quoi le
changement ? Je vous le demande.
Louise, 68 ans et non violente, jusqu’à ce
jour…
![]() |
| Le message dérangeait-il certains? |
mardi 18 septembre 2012
L'odyssée parisienne...suite
Certains partent se coucher (dans les véhicules ou à la
belle étoile) ; les autres veillent avec des discussions sympathiques avec
les noctambules. Je m’endors avec les bêlements des moutons qui s’appellent
régulièrement et le bruit des conversations…
Réveil à 3h30 : c’est mon tour de veille. Je rejoins
péniblement (dur, dur d’être un héros !) les autres, déjà bien réveillés
eux ! L’eau chauffe pour un petit remontant. Notre nuit tranquille est
animée par l’arrivée d’un noctambule éméché, bouteille de whisky à la main, qui
s’incruste. Abdel est en mal de compagnie et apprécie visiblement la nôtre.
Cela nous vaut de bonnes séances de rires (Abdel voulant monter sur le tracteur
et s’installant à l’envers sur le capot),
des jeux de rôle (Bernard et moi-même s’instaurant parents de « la belle
princesse » découverte par Abdel, Séverine)… Notre fin de nuit fut bien
occupée avec lui et drôle. Nous avons bien ri lorsqu’un des policiers
qui veillait sur nous vint nous voir. Abdel s’empressa alors d’engager la
discut avec lui et lui fit même remarquer qu’il avait du ventre. Le policier
précisa que c’était son gilet pare balle. Abdel rigolard lui dit qu’il abusait
des tajines… Au matin, il était encore là
et nous commencions, ma foi, à être un peu fatigués par sa présence. Il
figure sur une des situations cocasses rencontrées : l’agent de
renseignement en civil jouant le photographe pour un couple de touristes (si,
si…).
![]() |
| les héros sont fatigués... |
![]() |
| l'agent des RG à la photo sous les yeux d'Abdel (blouson vert) |
Avec Séverine, vers 6h, nous sommes allés voir le Palais
Iéna : nous y sommes arrivés mais déjà 9 cars de CRS étaient là… à
attendre nos camarades...
-des petits tours en tracteur dans les allées ce qui vaut de belles photos devant la tour Eiffel ;
-des opérations dispersement
où chacun part dans une direction différente pour affoler les forces de
l’ordre ;
- un petit tour avec un mouton sandwich à la Tour Eiffel. Cela amuse
beaucoup les touristes. Nous mettons le mouton à pâturer dans les parterres.
Deux policiers viennent nous voir : « Que faites-vous là ? La
pelouse est interdite ! ». « Nous promenons un mouton ; il
y a bien des gens qui promènent des chiens ! ». « Si vous êtes
avec les manifestants, vous devez y retourner… ». « Nous faisons faire
du tourisme au mouton : un si long voyage, il ne peut repartir sans avoir
vu la tour Eiffel ! ». L’agent des renseignements nous suit pas à
pas…Nous le ramenons au camp en prenant notre temps.
Peu à peu, nous voyons arriver par tous petits groupes une partie des manifestants du car qui viennent nous retrouver : l’occasion d’une belle photo de famille!
lundi 17 septembre 2012
Paris, au palais Iéna...
Voilà l'endroit où le ministère de l'intérieur de notre nouveau
gouvernement de pseudo-gauche ,a décidé le 14 septembre, de parquer, dès
notre arrivée, les opposants au projet d'aéroport de Notre Dame des
Landes,près de Nantes (projet porté par J.M. Ayrault depuis de
nombreuses années).
Nous étions donc une cinquantaine venus de
Nantes et sa région, arrivés en car Place Iéna, à 200m environ du lieu où
se déroulait cette "conférence environnementale".
Au total une
petite centaine de personnes car étaient présents aussi des militants
d'ATTAC,Sortir du nucléaire,Anti gaz de schiste,et quelques autres
personnes ...
À savoir qu'il nous a été INTERDIT formellement de dépasser ce périmètre,évidemment très bien "gardé" par les forces de l'ordre,en nombre conséquent !
Cette situation a duré plus de 3 heures (jusqu'à ce que notre cher président ait quitté la conférence)...sans possibilité ni de manger, ni de boire (pour ceux qui n'avaient pas prévu le casse croute... mais le partage et la solidarité ont bien fonctionné) ni même (et c'est le plus COCASSE ou le plus INDIGNE,suivant... ?) d'aller faire pipi où que ce soit... à moins d'improviser un abri de fortune avec une banderole et de pisser sur le trottoir, quasi aux pieds de ces messieurs casqués...
Sans même parler du fait qu'à l'aller comme au retour,notre car était escorté par 2 motards...pressés de nous enfermer à l'arrivée et également pressés de nous faire dégager le soir.
À savoir qu'il nous a été INTERDIT formellement de dépasser ce périmètre,évidemment très bien "gardé" par les forces de l'ordre,en nombre conséquent !
Cette situation a duré plus de 3 heures (jusqu'à ce que notre cher président ait quitté la conférence)...sans possibilité ni de manger, ni de boire (pour ceux qui n'avaient pas prévu le casse croute... mais le partage et la solidarité ont bien fonctionné) ni même (et c'est le plus COCASSE ou le plus INDIGNE,suivant... ?) d'aller faire pipi où que ce soit... à moins d'improviser un abri de fortune avec une banderole et de pisser sur le trottoir, quasi aux pieds de ces messieurs casqués...
Sans même parler du fait qu'à l'aller comme au retour,notre car était escorté par 2 motards...pressés de nous enfermer à l'arrivée et également pressés de nous faire dégager le soir.
dimanche 16 septembre 2012
L'odyssée parisienne...premier jour
L’ouverture de la Conférence
Environnementale avec omission des sujets qui fâchent (Notre
Dame des Landes et gaz de schiste) ne pouvait nous laisser sans réaction. Un
car était prévu pour venir manifester devant le palais Iéna le 14 septembre,
histoire de rappeler au président Hollande le projet Notre Dame et solliciter
des rencontres ; une action complémentaire et inattendue s’imposait comme
une évidence. Et nous voilà partis jeudi matin avec tracteur et moutons à
Paris.
Face à l’impressionnant déploiement sécuritaire déployé aux
abords du palais Iéna, nous avons choisi un lieu symbolique : la
Tour Eiffel et le champ de Mars.
Clin d’œil au Larzac bien sûr qui aurait dû amener les journalistes TV cherchant une approche originale sur la Conférence à venir nous voir. La seule télé à venir nous rencontrer a été « Télé libre » dont les journalistes ont fait un long reportage et semblaient très intéressés par le sujet. Nous avons eu également des radios (France inter et RTL) et quelques journalistes de presse (AFP, journal).
Clin d’œil au Larzac bien sûr qui aurait dû amener les journalistes TV cherchant une approche originale sur la Conférence à venir nous voir. La seule télé à venir nous rencontrer a été « Télé libre » dont les journalistes ont fait un long reportage et semblaient très intéressés par le sujet. Nous avons eu également des radios (France inter et RTL) et quelques journalistes de presse (AFP, journal).
Attirer l’attention
pour mettre Notre Dame des Landes à l’ordre des questions
environnementales, telle était notre ambition. Remarqués, nous le fûmes !
Une opération installation commando réalisée en quelques
minutes: tracteur débarqué (il ne restait qu’à le décorer), moutons lâchés dans
l’enclos prestement monté. Tout cela sous l’œil ébahi et plutôt amusé des
passants, les touristes dégainant prestement leur appareil photo et
photographiant à tout va : des moutons et un tracteur devant la tour
Eiffel, cela ne se voit pas tous les jours !
Arrivent rapidement différents services des autorités.
D’abord les hommes en vert chargés de l’entretien des pelouses :
« vous devez enlever les moutons ; la pelouse est en repos ! Et
vos piquets ? Vous avez dû abîmer les têtes d’arrosage enfouies dans
l’herbe… ».
![]() |
| touristes en action... |
Puis les hommes en bleu de la sécurité de Paris et ceux de la Police. Tous veulent bien sûr
parler au responsable qui est introuvable puisque nous sommes tous responsables !
Nous surprenons alors des conversations téléphoniques surréalistes entre les
employés et leurs chefs : « OK, nous cherchons la plaque d’immatriculation
du tracteur ! » Dominique s’empresse aussitôt de la recouvrir d’une
feuille avec triangle non à l’aéroport. Heureusement, il y a les restes d’une
vieille plaque coupée en deux qui occupent le policier pas trop zélé (celui-là
devait nous trouver sympathiques). «Oui, bien (chef), nous devons verbaliser
les moutons. Mais individuellement ou alors le lot ? ». Dès qu’il a
raccroché, l’employé nous dit : « je ne vois pas de plaque, je prends
celle-ci en photo pour que mon chef me fiche la paix. La police est là… Elle n’a qu’à
chercher… ». Les mésententes entre hommes en bleu nous servent.
Des tractations téléphoniques s’engagent… Nous sommes une
trentaine : est-ce suffisant pour résister et rester ? Notre atout
est d’être sous l’œil des touristes dont le passage est incessant. C’est cela
qui nous évite sûrement un déménagement manu militari. Le dispositif de surveillance
s’allège : nous avons désormais des voitures banalisés avec agents de la Direction de l’Ordre
Public et de la
Circulation à nous surveiller. Dès lors, nous saisissons
toutes les occasions qui se présentent :
-
un défilé de 2 chevaux qui stationnent un long moment
devant nous attendant le car de personnes que les chauffeurs doivent emmener au
restaurant. Le tracteur s’insère alors dans le cortège et fera même plusieurs
fois le tour de la place au départ des voitures.
-
la même opération est reconduite avec des triporteurs
mais ceux-ci sont rapides et lâchent assez vite Dominique…Qu’importe, c’est
encore l’occasion de rouler et d’aller même flâner dans les allées…
Finalement, on nous tolère. Nous sommes donc partis pour rester cette nuit. Nous instaurons des tours de garde et pique niquons. La nuit tombe peu à peu ; la tour Eiffel s’illumine… La soirée commence …
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