mercredi 23 mai 2012

Quand la Justice se fait humaine...


maison préparée pour la visite...
Mardi 22 mai, le juge d’expropriation était à Notre Dame des Landes, à visiter sa première exploitation agricole (bâtiments d’exploitation dont La Vache Rit et maison) ainsi que les maisons du lieu dit Les Domaines.
 « Peu escortés » de façon apparente, mais très protégés de manière discrète, le juge et son cortège (gendarmes, greffière, représentant de l’Etat, AGO, FIT conseil, leur avocat, propriétaire et/ou exploitants et leurs avocats) ont arpenté champs, sentiers, bâtiments…pour voir et « estimer » tout ce qui risquait d’être détruit.
A La Vache Rit, une grande assemblée d’opposants attendait dès 9h30 du matin et ne voyait rien venir.
La conférence de presse de 11h était l’occasion de :
-rappeler les termes de l’accord obtenu avec les 3 collectivités territoriales ;
-souligner la résistance symbolique organisée autour du local de résistance qui était interdit à la visite (pas à vendre !) ;
-présenter le questionnaire pour les candidats aux législatives.
La Vache Rit décorée...

C’est seulement vers 13h30 que le juge et son cortège arrivèrent aux domaines. Entretemps, les rangs des opposants s’étaient un peu éclaircis. Vers 15h30 enfin, le juge arriva devant La Vache Rit toute décorée de banderoles et protégée par une ligne d’opposants souriants et décontractés. L’occasion d’un discours improvisé par Philippe sur la symbolique du lieu devant M. le juge plutôt débonnaire et semblant apprécier notre humour.
Philippe et M. le juge








 Ensuite départ des troupes pour voir le reste du parcellaire de la ferme.
Même si Brigitte, Sylvain et Bruno s’étaient préparés, ce fut dur psychologiquement. Impuissants, sans pouvoir la réconforter, nous vîmes de loin Brigitte, à la sortie de la visite de la maison, s’éloigner du cortège larmes aux yeux. Ouvrir sa maison et son intimité à de parfaits inconnus pour une évaluation financière imposée (nous ne souhaitons pas partir !) constitue une épreuve… Nous avons plaisir dans ces cas-là à de petites vengeances symboliques, comme Brigitte le fit, en remettant au directeur de cabinet du Préfet un sac entier de cartouches de gaz lacrymo utilisées lors des sondages pour la tour de contrôle et laissées dans le champ. Et ceci, sous l’œil amusé du juge qui marquait son soutien en insistant auprès du représentant de l’Etat sur la nécessité de ramasser et d’éliminer ses déchets.
Quand la Justice se fait humaine, cela aide…

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