dimanche 6 mai 2012

un message de soutien très particulier...

Roger Le Guen, sociologue                                                                 Angers, le 27 avril 2012


En soutien aux grévistes de la faim à Notre-Dame des Landes
Après avoir longuement étudié le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes en 1974 et en 1975 (un travail repris ensuite dans le livre « Dégage on aménage » publié en 1976), j’étais arrivé à la conclusion qu’il relevait d’une stratégie d’aménagement incantatoire, proche de l’idéologie des grands projets de développement qui se multipliaient alors dans les pays du Tiers-Monde et porteuse d’une démarche technocratique faisant fi des aspirations des populations locales, particulièrement s’agissant des milieux ruraux.
La lutte des paysans et des riverains de la région de Notre-Dame des Landes avait alors porté ses fruits et, dans le contexte économique et écologique qui s’est progressivement manifesté partout dans le monde, j’avais pensé que ce projet moribond était heureusement passé aux oubliettes de l’histoire, comme ceux contemporains de Plogoff et du Larzac. Depuis, nous avons vu qu’il n’en était rien…
Lorsque je lis les documents actuels qui tentent de justifier la relance et l’aboutissement de ce projet, je m’aperçois que les analyses que nous faisions il y 35 ans restent hélas presque intactes. J’aurais tant souhaité qu’elles soient devenues obsolètes... Ce projet me paraît toujours aussi absurde au plan technique (aucune saturation de trafic n’est en vue), économique (qui croira qu’il sera rentable sans une perfusion permanente d’origine publique, sans compter les équipements ferroviaires et routiers considérables dont les sources financières seront d’abord publiques) et encore plus au plan écologique (le bilan carbone de cette affaire est édifiant). En fait, sa seule vraie justification est politique : il s’agit de construire une image de toute puissance d’une métropole et de ses dirigeants, tout en récupérant de l’espace urbanisable rentable et en préservant une zone d’habitat qui s’embourgeoise. Mais à quel prix ! D’abord pour les paysans et les habitants de ce territoire, ensuite pour les infrastructures aéroportuaires tout autour qu’il s’agit de fermer ; enfin, pour les citoyens de la région dont des ressources fiscales sont et seront affectées durablement à un équipement absurde.
Je me sens donc totalement solidaire de votre combat. D’abord bien sûr parce qu’il cherche à maintenir la possibilité pour vous de travailler et de vivre sur ce territoire. Mais aussi parce que, comme c’est le cas depuis les années 1970, alors que les dirigeants de ce projet n’ont de cesse que de faire l’inverse de ce à quoi ils prétendent, votre combat est une lutte menée pour des valeurs progressistes qui concernent l’ensemble de notre société : faire vivre la justice et la démocratie.
Roger Le Guen


2 grévistes : Michel en bleu, Gilles en rouge





Pour (re-)lire Dégage ! on aménage ! 

4 commentaires:

  1. Totalement d'accord avec les arguments de Mr Le Guen,mais il y a des revirements étonnants.
    Après avoir écrit "dégage on aménage", être devenu le conseiller de L Guyau, président de la FNSEA , grand dégageur s'il en est un, le
    grand écart ne le gêne pas.

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  2. Oui, malheureusement d'accord avec Anonyme...
    Roger, je te connais depuis longtemps, et tu le sais, cela m'a bcp déçue que tu fricotes avec un irresponsable comme le président de la FNSEA, il y avait d'autres logiques à suivre après ce que tu as écrit dans Dégage, on aménage, d'autres choix à faire. Ce sont les tiens, les miens ne sont pas ds le même camp.
    Roseline

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  3. Un projet moribond qui n'est pas passé aux oubliettes,avec une économie,une croissance,la dette colossale plus 1700 milliards,je crois que l'on est dans le monde des bisounourses. Bien-sûr que je contre cette incohérence,il ne sera d'aucune utilité,on peut le constater dans d'autres région,un moyen de transport,coûteux,donc peu utilisé. MR AYRAULT votre projet que vous avez porté pendant des années durant vos fonctions de maire.Un rêve qui n'a aucunement sa place dans une France qui s'éclate de toute part.

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