mardi 30 octobre 2012

Les grandes manoeuvres...



Mardi 30 octobre… Le jour se lève à peine et déjà le vrombissement de l’hélicoptère est là. Bis repetita… L’opération « César » reprend.
Pour nous, au Liminbout, c’est jour de chantier : la CUMA doit venir avec tracteur et tonne à lisier pour épandre sur les champs les déjections animales recueillies et stockées dans la fosse.
8h25 : le chauffeur arrive après avoir été arrêté deux fois. Marcel décide de faire tout de suite l’aller retour à la CUMA pour ramener le broyeur à lisier (outil porté de 5 mètres de long). Il arrive à suivre le circuit habituel grâce à une intervention de Julien dans le bourg de Notre Dame (le gendarme voulait que Marcel fasse demi-tour alors que des voitures étaient derrière lui). Marcel revient avec le tracteur. Il me laisse seule pour aller sur la zone.
11h45 : coup de téléphone du chauffeur de CUMA qui est enlisé au champ. N’ayant pas de filin, j’appelle le responsable d’atelier qui me conseille de venir prendre un tracteur équipé à la CUMA. Je pars en voiture, passant par la route de la Haie, les gendarmes barrant la route vers les Ardillères à ce niveau. De retour, avec le tracteur, je suis bloquée par un camion de gendarmerie qui s’est engagé dans cette petite route. Je m’arrête, explique où je vais et pourquoi. « Je vais en référer au chef » me dit-on. On revient pour me dire que la route est bloquée, qu’ils ne laissent pas passer les tracteurs…. J’insiste, j’argumente… C’est NON !
Excédée et jurant comme un charretier (c’était le métier de mon grand père), j’avance vers le fourgon en tournant à gauche pour entreprendre un demi tour sur la voie étroite. Tout à coup, je vois le fourgon tressauter et les gendarmes me regarder les yeux ronds. Oups ! Habituée à mon tracteur, j’ai oublié que celui de la CUMA avait un relevage avant équipé de masses. J’ai donc, doucement mais sûrement, embouti l’avant du fourgon (en fait, j’ai abimé le pare buffle). J’arrête tout et descend en pestant et fulminant. Je démonte le filin. Un gendarme me demande mes papiers. Je n’en ai pas, bien sûr. Je pars à pied avec mon filin sur le dos. Un autre gendarme me dit qu’il va falloir faire un constat ; son collègue est en train de regarder le moteur. Finalement, une voiture m’emmène à la maison (j’en profite pour déposer le filin et rappeler le chauffeur de CUMA). Puis, retour, constat et tracteur toujours bloqué. Je le gare et  pars à pied jusqu’à trouver une voiture d’opposants qui me ramène chez moi. Là, je saute dans mon tracteur et vais essayer de tirer le tracteur embourbé. Hélas, mon tracteur est trop léger. J’appelle un voisin à la rescousse et là, victoire, on réussit. Le chantier reprend et se poursuit jusqu’au soir sans autre incident.
Le plus difficile à accepter est que je retrouve la petite route complètement débloquée et croise même un tracteur quand je retourne récupérer en vélo le tracteur de la CUMA ¾ d’heure plus tard. On ne bloque plus.
Cet incident me permet de comprendre que la tolérance des gendarmes est grande quand une femme est au volant. Car finalement, j’ai abimé un fourgon et je n’aurais pas de poursuite judiciaire !
Enfin, je dis cela mais c’était avant de vivre la suite de mes aventures avec les gendarmes en fin de journée… A suivre !

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